Samedi 20 août, 13h00. En empruntant la rue de la fontaine, on ne s'attend pas à voir ce qui suit lorsque l'on parvient à l'une de nos deux rivières : l'Yerres.
Le temps est chaud et humide, la sécheresse de cet été 2005 rend notre rivière un peu plus stagnante qu'à l'accoutumée. Une odeur forte et désagréable semble s'échapper de la conduite provenant de la station d'épuration et s'écoulant dans l'Yerres. Le débit est élevé, très élevé. Le liquide qui se dilue dans nos eaux est sombre et dense. Dans un rayon de 10 mètres autour flottent des cadavres de grosses anguilles adultes.
Quelle est la raison de ces décès ?
L'anguille est un animal robuste résistant bien aux agressions. Cette pollution est-elle d'origine industrielle ou agricole ? Provient-elle d'installation de retraitement des eaux usées ? Si oui, cela vient-il plus précisément d'Ozouër-le-Voulgis ou de communes en amont ?
Cette constatation met tout de même en évidence un des nombreux problèmes de notre village : que ce soit à propos de la station d'épuration du centre bourg comme de celle des Etards, aucune communication n'est faite quant à leur état. Le taux de pollution qu'elles occasionnent, le degré de saturation des équipements suite aux accroissements successifs de la population, leur conformité vis-à-vis des réglementations européennes qui entreront en vigueur dans quelques années. Autant de questions tabous à l'esprit de nos élus.
Pas plus tard que le 12 septembre 2005 (*), Vincent Eblé, Président du Conseil Général, demandait que la transparence soit enfin faite sur la qualité de l'eau distribuée en Seine-et-Marne. Il va de soi que cette transparence va de paire avec la qualité des eaux rejetées. Il serait incohérent de demander aux agriculteurs de limiter leurs pollutions en laissant les installations municipales polluer par leurs eaux usées.
On nous signale aujourd'hui encore la présence de cadavres de poissons sur l'Yerres ... on ne peut pourtant pas dire que ce 18 septembre soit caniculaire !
(cliquez sur les photos pour les agrandir)
(*) Lu le 13/09 dans le quotidien "20 minutes" :
La Seine-et-Marne au chevet de ses robinets
Qui, en Seine-et-Marne, peut encore boire l'eau de son robinet ? Celle-ci serait "non conforme" dans 180 des 514 communes du département. Elle est même déconseillée aux enfants et aux femmes enceintes dans 72 d'entre elles. Mais la préfecture n'a pour l'heure pas publié la liste des villes concernées. Elle annonçait toutefois hier soir vouloir le faire très prochainement. "Les maires des communes touchées sont au courant, tempérait-on au cabinet du préfet. Le problème n'est pas nouveau. Il est vieux de dix ans."
Au conseil général de Seine-et-Marne, on organisait hier la première rencontre départementale sur l'eau qui rassemblait experts, élus, services de l'Etat et associations de consommateurs. Le président du conseil général, Vincent Eblé (PS) a lancé à cette occasion "un appel à la transparence". Un programme de dix actions à mener dans les cinq prochaines années a été élaboré pour réduire les taux de pesticides et de nitrates qui polluent la nappe phréatique de manière récurrente.
Des opérations de sensibilisation auprès des agriculteurs, des entreprises et des collectivités doivent entre autres être engagées. Des bandes d'herbe devront désormais séparer les cultures des cours d'eau pour limiter la pollution. Le conseil général a également demandé une plus grande transparence dans les pratiques agricoles.
G. M. |
(Vincent Bonino
18 septembre 2005)
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